Reflux gastro-œsophagien, RGO

Le reflux gastro-œsophagien est la remontée du contenu acide de l’estomac vers l’œsophage. Touchant 10 à 20 % de la population adulte, il est fréquemment évoqué car ses manifestations peuvent être confondues avec des manifestations allergiques.

20%
des gens sont concernés
30 min

pour un test cutané

3 ans
désensibilisation moyenne
Symptômes

Symptômes du reflux gastro-œsophagien

Les symptômes varient selon la forme clinique. Non traités, ils peuvent évoluer vers une œsophagite, un endobrachyœsophage ou aggraver un asthme associé.

Manifestations typiques (digestives)

Pyrosis (brûlures remontant de l'estomac vers la gorge), régurgitations acides, sensation de brûlure épigastrique, goût amer en bouche. Ces symptômes surviennent typiquement en position allongée ou penchée en avant, et après les repas.

Manifestations atypiques extra-digestives — à distinguer des allergies

Toux chronique sèche (surtout nocturne ou matinale), enrouement, sensation de corps étranger dans la gorge (globus), pharyngite récidivante, brûlures laryngées. Ces signes sont attribués à un RGO dit « silencieux » (sans pyrosis associé) dans 20 à 40 % des cas de toux chronique.

Complications à long terme

Œsophagite peptique (inflammation de l'œsophage), sténose œsophagienne (rétrécissement par fibrose), endobrachyœsophage (œsophage de Barrett — métaplasie précancéreuse). Ces complications justifient une exploration endoscopique chez les patients symptomatiques depuis plus de 5 ans ou avec des signes d'alarme.

Déclenchement

Quels sont les facteurs favorisants ?

Contrairement aux allergies, le RGO n’a pas d’allergènes spécifiques mais des facteurs de risque et des déclencheurs alimentaires et comportementaux :

Facteurs anatomiques et physiologiques

  • Hernie hiatale — principal facteur anatomique (béance du cardia)
  • Hypotonie du sphincter inférieur de l’œsophage
  • Obésité et surpoids (augmentation de la pression abdominale)
  • Grossesse (3e trimestre)

Facteurs alimentaires et comportementaux

  • Repas copieux, gras ou épicés, chocolat, café, alcool, menthe
  • Décubitus immédiat après les repas
  • Tabagisme (réduit la pression du sphincter inférieur de l’œsophage)
  • Vêtements serrés à la ceinture

Médicaments aggravant le RGO

  • Inhibiteurs calciques, dérivés nitrés, théophylline (bronchodilatateur)
  • AINS, aspirine — irritants directs de la muqueuse œsophagienne
  • Certains antibiotiques (doxycycline, tétracyclines) pris sans eau

Signes d’urgence

En cas de signes sévères, appelez le 141 ou rendez-vous immédiatement aux urgences.

Approche

Comment se déroule le diagnostic ?

Le diagnostic de RGO est souvent clinique pour les formes typiques. Les examens complémentaires sont réservés aux formes atypiques, aux échecs du traitement initial ou à la recherche de complications.

Anamnèse détaillée

Caractères et horaires des symptômes, lien avec les repas et la position, médicaments en cours, facteurs de risque (IMC, tabac, alimentation). Elimination des signes d’alarme.

Consultation

Test thérapeutique (IPP)​

Administration d’inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) à pleine dose pendant 4 à 8 semaines. Si amélioration nette des symptômes : diagnostic de RGO confirmé de façon pragmatique. C’est l’approche recommandée en première ligne pour les formes typiques.

au cabinet

pH-métrie œsophagienne des 24 heures

Enregistrement du pH dans l’œsophage via une sonde nasale pendant 24 heures. Gold standard pour confirmer le RGO pathologique et son lien avec les symptômes. Indispensable avant une chirurgie anti-reflux. Réalisé en milieu gastroentérologique.

laboratoire

Endoscopie digestive haute (FOGD)

Réalisée en cas de signes d’alarme, d’échec du traitement médical ou de symptômes prolongés (> 5 ans). Permet de visualiser l’œsophage, de biopsier un éventuel endobrachyœsophage et d’exclure un cancer.

suivi

traitement

Comment traiter un reflux gastro-œsophagien ?

Mesures hygiéno-diététiques (en première intention)

Surélever la tête du lit de 15 à 20 cm. Éviter de s’allonger dans les 3 heures après le repas. Réduire les graisses, le café, l’alcool, le chocolat. Contrôle du poids en cas d’obésité. Arrêt du tabac.

Traitement médicamenteux

Inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) : oméprazole, pantoprazole, ésoméprazole — traitement de référence pour les formes symptomatiques. Pris 30 à 60 minutes avant le repas principal. Traitement à la demande pour les formes légères, traitement continu pour les formes modérées à sévères. Durée minimale : 4 à 8 semaines.

Traitement chirurgical

Fundoplicature (intervention de Nissen ou Toupet) par voie laparoscopique. Réservée aux formes sévères non contrôlées par le traitement médical, aux hernies hiatales volumineuses ou aux patients refusant un traitement médicamenteux prolongé. Efficace à 85–90 % à 10 ans.

Suivi & réévaluation

Pour les patients traités par IPP au long cours : réévaluation annuelle de l’indication, surveillance de l’efficacité et des effets indésirables potentiels à long terme (hypomagnesémie, déficit en vitamine B12, risque fracturaire). Endoscopie de surveillance si endobrachyœsophage.

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Questions fréquentes

Vous avez des questions sur le reflux gastro-œsophagien (RGO) ?

Le RGO peut-il provoquer une toux chronique sans brûlures d'estomac ?
Oui — c’est le RGO « silencieux » ou extra-digestif. La toux est déclenchée par des micro-inhalations de contenu gastrique ou par un réflexe vagal. Elle représente 20 à 40 % des causes de toux chronique. Elle est souvent nocturne, aggravée en position allongée, et ne répond pas aux antihistaminiques.
Comment distinguer une toux allergique d'une toux due au RGO ?
La toux allergique est généralement associée à d’autres signes (rhinite, éternuements, conjonctivite, saisonnalité) et répond aux antihistaminiques et aux corticoïdes nasaux. La toux de RGO est persistante, nocturne, souvent sèche, et s’améliore avec les IPP. Un bilan allergologique (prick-tests, IgE) négatif et une amélioration sous IPP orientent vers le RGO.
Les IPP sont-ils dangereux à long terme ?
Ils sont globalement bien tolérés à court terme. À long terme (> 1 an), des études observationnelles suggèrent un risque d’hypomagnesémie, de déficit en vitamine B12 et de fractures osseuses. Ces risques sont modestes et doivent être mis en balance avec le bénéfice clinique. Une réévaluation annuelle est recommandée.
Le RGO peut-il déclencher de l'asthme ?
Oui — le RGO est un facteur aggravant reconnu de l’asthme, par irritation directe des bronches ou par réflexe vagal. Il est retrouvé chez 40 à 70 % des patients asthmatiques. Le traitement du reflux peut améliorer le contrôle de l’asthme dans ces cas. C’est pourquoi il est systématiquement recherché lors d’un asthme difficile à contrôler.
L'endobrachyœsophage (œsophage de Barrett) évolue-t-il toujours en cancer ?
Non — le risque de transformation cancéreuse est réel mais faible (environ 0,2 à 0,5 % par an). Une surveillance endoscopique régulière (tous les 3 à 5 ans selon l’étendue) permet de détecter une éventuelle dysplasie à un stade curable.
Combien de temps dure une consultation ?

Les consultations durent 45 min.

Vous pensez souffrir d'allergies ?

Ne laissez pas les symptômes s'installer. Grâce à un bilan allergologique, vous saurez exactement à quoi vous réagissez et comment y remédier.